Dialogue with Dominique Dupraz: be true to inner inspiration more than career

Lettre ouverte du compositeur Dominique Dupraz à un ami américain-   Open letter from Dominique Dupraz, composer, to a an American friend

(French and English given by paragraph)

Webster,                          

 Afin d’entamer une discussion sur la question de la création artistique et de la création musicale, en particulier, je te fais parvenir quelques considérations personnelles à propos de l’action et de sa gestion, dans ce que nous appellerons la carrière…

To begin a discussion on the question of artistic creation and musical creation in particular, I bring before you some personal considerations about artistic activity and its working out in what we call a career .

Cette dernière est à l’opposé de la contemplation, dont l’artiste se nourrit. L’Action et la contemplation ne sont complémentaires que lorsque toutes deux sont acceptées par le psychisme du créateur, interprète ou compositeur, et par son énergie. Mais l’équilibre entre ces deux états, est rarement atteint. Parce que fondamentalement antinomiques voire toxiques, l’une vampirisant l’autre, l’action carriériste et la contemplation artistique peuvent se contrarier de façon la plus négative qui soit… ! 

This latter (action, career) is in contrast to the contemplation from which an artist nourishes himself. Action and contemplation are only complementary when both are recognized in the psyche of the creator, and assimilated by the composer in his energies.But equilibrium between these two sates is rarely achieved. Because, being fundamentally contradictory or even mutually toxic,  one draining the other,career action and artistic contemplation can be contrary in the most negative way possible …!

 Deux très beaux films traitent de ce sujet récurrent et incontournable. Dans les deux cas, un violiste de gambe, et un chanteur, ont tourné le dos à l’action artistique et musicale dans ce qu’elle a de pragmatique et de concret: « Tous les matins du Monde » et « Le Maître de musique ». On assiste ici, au retour sur lui-même de l’artiste, non pas de la façon égoïste ou misanthropique qu’on pourrait croire, mais bien au contraire, de la façon du sage qui se retire de la voie de la carrière pour sublimer son art et l’approfondir…Cette attitude fut celle de mon Maître Jean Catoire, durant les 35 années de sa vie où je l’ai connu, d’abord comme le professeur qu’il fut au Conservatoire Rachmaninoff, puis comme l’ami par la suite, jusqu’à sa mort ! En effet Jean Catoire, compositeur, fut un «sage» qui très tôt refusa de mettre en avant sa musique, pensant que celle-ci se suffirait, par elle-même, à devenir publique un jour, et qu’il ne sert à rien de lutter contre, ce que l’oreille et le psychisme de l’auditeur refusent, ou ne comprennent pas, à une époque donnée !

  

Two beautiful films deal with this recurring and unavoidable topic. In both cases, a violist da gamba and a singer, turn back to consider artistic and musical action and how it may be pragmatic and concrete: “All the Mornings of the World” and “The Music Teacher”. Here we witness retrospection or self assessment of the artist, not selfish or misanthropic, but rather, in the manner of one who is wise enough to withdraw from the path of career to deepen his art  … This attitude was that of my Master Jean Catoire, during the 35 years of his life when I knew him, first as Professor he was the Rachmaninoff Conservatory and then as friend thereafter, until his death! Indeed Jean Catoire, composer, was one of those “wise” who early refused to showcase his music, thinking that it would have sufficient power, by itself, to become public one day, and who thought it useless to fight against in musical life, what the ears and minds of listeners refuse, or can not understand, in any given artistic epoch!                                                                                                       

Je crois que la position du compositeur, n’est pas autre que celle d’un artiste de scène qui ne veut plus des feux de la rampe, ni des bravos du public. Le compositeur est, naturellement dans l’ombre, et souvent dans le cadre d’un concert, n’existe pas pour le public ! Et je ne parle pas du « démarchage » pour se faire jouer, où le compositeur doit se comporter tel un marchand de tapis vendant sa marchandise auprès de responsables culturels qui ont besoin du cautionnement des autres pour oser mettre au programme, des musiques nouvelles, ou esthétiquement « incorrectes » et ne correspondant pas suffisamment au goût du jour.

 I believe the position of the composer is like that of a performer who does not want the limelight, nor bravos in public. The composer is naturally in seclusion, and often, even participating as part of a concert, do not exist for the public! And here I speak not selling one’s self to perform or be performed, where the composer must behave like a rug merchant selling his merchandise by permission of cultural officials, who need the approval of others to dare to program, new music or “aesthetically incorrect” art that does not correspond sufficiently to tastes of the day. Jean Catoire nous a notamment appris à tourner le dos aux sirènes de la carrière à tout prix, et à ses concessions artistiques négatives, et même destructrices. Mais, il ne nous a jamais dissuadés d’entrer dans l’arène des « honneurs », ceux-ci devant bien sûr, ne jamais être une finalité de notre engagement artistique…Catoire est l’exemple même, de celui qui a refusé de faire toutes concessions, aux ayatollahs de la musique «contemporaine», quitte à en payer encore et pour longtemps, le prix…! La route des créateurs, interprètes ou compositeurs et les autres, n’est pas un long fleuve tranquille. La contemplation et l’action sont deux mêmes jambes qui nous servent à avancer et à laisser ainsi derrière nous, quelques modestes petites traces à nos frères humains. 

Jean Catoire in particular taught us to turn our backs on the siren call of career  and its negative, even destructive, artistic concessions at all costs. But he never deterred us from entering the arena of “honors”, which are certainly an issue, yet never as the  end of our artistic commitment … Catoire is the epitome of one who refused to make any concessions to the ayatollahs “contemporary” music, even if one pays the price – even for a long, time…! The road of creators, performers or composers and others, is not a bed of roses. Contemplation and action are two sides of the same dynamic that can move us forward and may allow us to leave behind some trace of ourselves to our fellow human beings.

 «Continuer, il faut continuer» a pu écrire Vincent Van Gogh. N’est-il pas aussi un modèle pour tout créateur, mais également pour chacun ! 

“Continue, continue,” wrote Vincent Van Gogh. Is this not a model for all creators, and likewise for everyone!

           Best regards.  Dominique Dupraz – compositeur  

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